Une passion entre art et conservation
L’étincelle de la passion
Mon amour pour la nature remonte à mon enfance, mais c’est en Ouganda que tout a pris sens. C’était une matinée fraîche et brumeuse, alors que nous roulions sur les chemins de montagne pour rejoindre le point de départ de notre trek vers les gorilles des montagnes. Soudain, à travers la végétation luxuriante, un paysage inattendu a attiré mon regard.
En plein milieu de cette jungle indomptée, se dressait un jardin minutieusement taillé, rappelant le raffinement des jardins de Versailles. Mais ce qui m’a frappé, c’est ce message, sculpté dans les buissons : "HOPE MISSION".
En un instant, j’ai senti que ce message m’était destiné. C’était comme un signe, une invitation à contribuer à quelque chose de plus grand. Ce contraste entre le sauvage et cette vision d’ordre parfait m’a rappelé combien l’équilibre entre l’homme et la nature est fragile. À cet instant, j’ai su que ma mission allait bien au-delà de la photographie : il s’agissait de participer activement à la conservation de ces animaux incroyables.
Lever de soleil dans les montagnes de Bwindi. Ouganda 2022
La photographie animalière, un art engagé
La photographie animalière est bien plus qu’un métier pour moi : c’est une manière de raconter des histoires, de capturer la beauté fragile de la faune sauvage et d’inspirer des actions en faveur de sa préservation. Mais, au-delà des images, il y a les moments vécus, ceux où je décide de baisser l’appareil photo pour simplement me connecter à ce qui m’entoure.
Certains instants sont si intenses qu’aucun objectif ne pourrait en saisir toute la puissance. Je me souviens d’un soir dans la jungle, où la lumière dorée caressait le paysage, un tigre imposant traversa devant nous pendant quelques instants avant de disparaître dans les buissons. Ce jour-là, j’ai choisi de rester immobile, de respirer cet instant, plutôt que de le photographier. Ce sont ces moments de pure connexion avec la nature qui nourrissent mon âme et renforcent mon envie de protéger ce patrimoine fragile.
Mais lorsque je décide de photographier, c’est toujours avec une intention claire : inviter ceux qui regardent mes images à ressentir cette émotion, à voir la beauté mais aussi la vulnérabilité de ces écosystèmes. Je souhaite que mes photographies rappelent que chaque espèce a un rôle unique à jouer dans cet équilibre fragile.
Si, à mon échelle, je peux contribuer à éveiller les consciences ou soutenir des projets de conservation, alors je me dis que chaque clic de l’obturateur a son importance. Bien que je ne sois pas encore officiellement partenaire d’organisations comme Gorilla Doctors, je suis fière de reverser une partie des bénéfices de mes projets pour participer à leur incroyable travail en Ouganda.
Photographie d’un tigre réalisé dans le parc national de Pench, après avoir attendu sous une pluie battante. Inde 2024
Les défis et la persévérance
Travailler en tant que photographe animalière est une aventure à la fois exaltante et exigeante. Les défis sont nombreux : des heures interminables d’attente sous un soleil brûlant ou une pluie battante, l’incertitude de croiser ou non les animaux dans leur environnement naturel, et parfois, la nécessité de capturer un instant en quelques secondes, sans seconde chance.
Mais les défis ne se limitent pas à la technique ou aux conditions sur le terrain. Il y a aussi une part émotionnelle. Voir des habitats disparaître ou apprendre la mort d’un animal que j’ai photographié m’a souvent laissé un sentiment d’impuissance. Parfois, la réalité peut sembler écrasante : comment mes photos, à elles seules, pourraient-elles changer quoi que ce soit ?
Pourtant, ce sont ces moments difficiles qui me rappellent pourquoi je fais tout cela. Chaque photo est une pièce d’un puzzle plus grand. Elle peut inspirer une personne à agir, à s’impliquer, ou simplement à voir le monde avec plus de compassion. Cette année, j’ai réalisé mes premières expositions sur les gorilles des montagnes, ce qui m’a permis d’être en contact direct avec le public. Une de mes images d’un gorille des montagnes a touché un spectateur lors d’une exposition, lui donnant les larmes aux yeux. Cette personne m’a confié que, à travers cette photo, elle avait l’impression de croiser le regard d’un humain, chose à laquelle elle n’avait jamais prêté attention auparavant. Ces sont tout ces petits gestes, cumulés, qui font une grande différence.
Ce qui me motive, c’est de savoir que chaque instant passé sur le terrain, chaque cliché, contribue à une cause qui me dépasse. Et surtout, ces expériences m’apprennent à rester humble, à me rappeler que je suis une simple témoin d’une nature bien plus grande que moi.
Regard partagé avec un gorille dans la forêt impénétrable de Bwindi. Ouganda 2024
Un chemin à poursuivre ensemble
Au fond, ma démarche photographique est un appel à la réflexion. Ce n’est pas seulement une quête esthétique, mais une invitation à découvrir, à protéger, et à partager avec les autres ce qui reste de notre planète sauvage. À travers chaque photo, j’espère éveiller des émotions, ouvrir des consciences, et rappeler l’importance de l’équilibre fragile entre l’homme et la nature.
Les gorilles, les tigres, les rhinocéros, et tous ces animaux que j’ai eu la chance de photographier sont des témoins d’une époque révolue, mais aussi des symboles d’espoir. S’ils sont protégés, c’est parce que des milliers de personnes, comme vous, prennent part à cette aventure. Que ce soit en apprenant, en partageant des informations, ou en soutenant des initiatives de conservation, chacun peut contribuer.
Mon travail ne se termine pas à la prise de la photo ; il s’étend bien au-delà, dans les actions concrètes pour préserver ces espèces et ces écosystèmes. Ce chemin, je ne le parcours pas seul. Vous qui me lisez, vous êtes aussi une part de cette mission.
Ensemble, nous pouvons faire une différence.
Merci de suivre mon travail, de le soutenir et d’y croire. Ensemble, nous pouvons continuer à nourrir l’espoir.