Mes plus belles rencontres animalières
La photographie animalière est bien plus que le simple fait de cliquer sur un bouton pour avoir la photo parfaite.
C'est une aventure, une immersion en nature remplie d’imprévisible. Certains moments restent gravés à jamais dans ma mémoire, non seulement pour la beauté des scènes observées, mais aussi pour les émotions qu'elles ont suscitées.
Voici quelques-unes de mes rencontres les plus marquantes, des instants de connexion profonde avec la faune sauvage.
Un échange de regards avec un gorille des montagnes
Lors de mon second trek à la recherche des gorilles en Ouganda, j’ai vécu une rencontre inoubliable. J'étais en train de photographier un jeune individu du groupe lorsque j’ai senti un regard se poser sur moi.
En baissant les yeux, j’ai découvert un gorille allongé dans les fougères en contrebas. Seul son regard était visible, baignant dans un rayon de lumière. Il était couché là et m’observait tranquillement. Pendant quelques secondes, nous avons échangé un court regard silencieux, un instant suspendu dans le temps. Je n’ai pas pu résister à l’envie de le prendre en photo, le rayon de lumière sur son regard et son visage entouré de fougère rendait cette scène parfaite.
Il a fini par s’endormir paisiblement, signe qu’il avait accepté ma présence, preuve de la confiance que ces êtres peuvent accorder.
Face-à-face sous la pluie avec une tigresse
Lors d’un de nos safari dans le parc national de Pench, l’atmosphère était calme et seuls quelques singes et herbivores avaient croisé notre chemin. Alors que le ciel s’assombrissait et que les guides redoutaient l’arrivée d’un orage, nous prenions lentement le chemin du retour, scrutant encore les environs dans l’espoir d’apercevoir un prédateur.
C’est alors que, perchée sur un rocher, j’ai distingué une silhouette allongée. Mon cœur s’est emballé : un tigre. J’ai demandé aux guides d’arrêter le véhicule, ce qu’ils ont fait. Surpris par ma capacité à l’avoir repérée à une telle distance et dans ces conditions, ils nous ont informés qu’il s’agissait d’une tigresse et de ses petits âgés de 2 ans. Mais la tigresse, elle, ne semblait pas prête à interrompre sa sieste.
Après une dizaine de minutes d’attente, elle a commencé à bouger, mais, au même instant, la pluie s’est mise à tomber. Tandis que la plupart de mes compagnons de voyage songeaient à repartir, j’ai exprimé mon souhait de rester. Photographier un tigre sous la pluie était un rêve.
Avec une grande bienveillance, mes compagnons ont tenu une bâche au-dessus de moi pour me permettre d’immortaliser ce moment. La tigresse, quant à elle, semblait insensible aux gouttes qui perlaient sur son pelage, comme absorbée par son propre monde. Je ressentais un lien particulier avec elle, une connexion indéfinissable qui me retenait sur place.
Un ballet d'éléphants
Pendant mes six mois au Zimbabwe, j'ai eu la chance de passer un week-end dans le célèbre parc national de Hwange, accompagné de mon guide Ian. Pour l’anecdote, à peine arrivés à l'entrée du parc, je me suis rendu compte que j'avais oublié mes cartes SD. Heureusement, Ian a pu en acheter une à des photographes présents sur place, me sauvant ainsi la mise.
Mais ce qui a réellement marqué ce week-end, c’est la rencontre avec les éléphants. Nous nous sommes arrêtés près d'un point d'eau et avons assisté à un spectacle époustouflant : plus d'une centaine d'éléphants, regroupés en différentes familles, venaient s’abreuver tour à tour. Assis sous une cabane d'observation, à même le sol, je me trouvais à quelques mètres des premiers pachydermes, tandis que mon guide restait près de la voiture pour surveiller leur comportement.
Le reste du weekend fût marqué par d’autres belles rencontres avec ses mammifères. Je me souviens avoir regardé le coucher du soleil depuis le toit de notre voiture, devant une famille d’éléphant venue s’abreuver aux dernières lueurs du soleil. Ou encore de m’être faite réveiller en pleine nuit, alors que je dormais à la belle étoile sur le toit du véhicule, par deux éléphants se nourrissant sur les arbres situés à quelques mètres de notre voiture.
Ces moment hors du temps, au cœur de la brousse, resteront à jamais gravé en moi.
Rencontre avec le fantôme de la jungle
Lors de nos derniers safaris dans le parc national de Kanha, la matinée avait été calme. Je ne cessais de me dire que cet environnement était un terrain de jeu idéal pour les léopards, mais aucun ne s'était montré. Après une heure et demie d’attente, nos guides reçurent un appel signalant la présence de tigres à proximité. Nous nous sommes mis en route, mais mon esprit restait fixé sur l'idée de repérer un léopard.
Alors que nous roulions à vive allure, un motif différent attira mon regard à travers les feuillages. Il était là. Mon cœur s’emballa tandis que je criai aux guides de s’arrêter. Ils furent surpris, n’en crurent pas leurs yeux lorsqu’ils aperçurent le félin et ils me félicitèrent pour cette incroyable trouvaille. Le léopard lui-même semblait étonné d’avoir été démasqué. Nous avons eu quelques précieuses minutes seuls avec lui avant que d’autres véhicules n’arrivent. Il nous offrit un dernier regard avant de bondir hors de son arbre et de disparaître dans la jungle.
Pouvoir repérer de mes propres yeux le légendaire fantôme de la jungle était un rêve devenu réalité.
Chaque rencontre avec la faune sauvage est un privilège, un instant unique où le temps semble suspendu. Ces moments partagés avec les animaux, qu’ils soient majestueux, furtifs ou curieux, sont bien plus que de simples souvenirs : ils sont une source d’émerveillement, d’humilité et de respect pour la nature.
J’ai eu la chance de capturer ces fragments de vie, mais rien ne remplacera jamais l’émotion brute ressentie lors de ces rencontres. C’est cette magie que je cherche à transmettre à travers mes photographies : une invitation à découvrir, à protéger et à s’émerveiller devant la beauté du monde sauvage.